La vannerie traditionnelle

Vannerie traditionnelle

La vannerie traditionnelle est un savoir-faire durable et écoresponsable. Il s’agit d’un art inscrit dans le temps consistant à tresser des fibres végétales, de préférence locales pour confectionner des objets utiles et esthétiques.

En Belgique et plus particulièrement en Ardenne et Gaume, la vannerie traditionnelle s’appuie principalement sur l’osier blanc, le noisetier et la paille de seigle. L’osier brut, quant à lui, est davantage associé à une vannerie dite rustique.

C’est un héritage des campagnes, un savoir-faire artisanal transmis de génération en génération. Vers la fin du 20ᵉ siècle, son déclin semblait acté, mais un vent nouveau souffle sur cet art et suscite de nouvelles aspirations. Aujourd’hui, ce renouveau se manifeste à travers les artisans, formations, événements et musées qui valorisent un artisanat local et durable.

À l’heure du retour à la terre et d’un regain d’authenticité, la vannerie se positionne comme une alternative crédible face au plastique. La solidité, la flexibilité et la durabilité de l’osier incarnent un artisanat qui, à travers les âges, a su conserver toute sa pertinence.

La vannerie rustique

À l’origine, la vannerie est un art très ancien, pratiqué depuis des millénaires dans de nombreuses cultures. En Europe, et notamment dans les régions rurales de Belgique, des populations itinérantes ont longtemps joué un rôle important dans la diffusion de ce savoir-faire. Ces vanniers parcouraient les routes et récoltaient l’osier là où les saules offraient de beaux brins longs et fins, adaptés au tressage. L’osier était alors utilisé brut, c’est-à-dire conservé avec son écorce, simplement séché puis trempé avant usage pour lui redonner sa souplesse. Ce type de pratique correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui la vannerie rustique.

Par la suite, s’est développée la pratique de l’osier blanc, obtenu par écorçage des brins, au printemps lorsque la montée de sève facilite le pelage. Cette technique permet d’obtenir une matière plus claire et plus régulière, appréciée pour certains ouvrages. Certains avancent que cette évolution vers l’osier blanc répondait aussi à une volonté de se distinguer socialement des communautés itinérantes, alors souvent mal considérées, en marquant une différence entre une vannerie paysanne sédentaire et une vannerie associée au nomadisme. Cet aspect relève toutefois davantage de l’interprétation historique.

Architecture végétale

Entre nature, art et savoir-faire…

L’architecture végétale utilise des éléments naturels, celle qui nous intéresse ici, utilise principalement du saule vivant. Laisser place à son imagination et créer des structures esthétiques et naturelles.

Grâce aux techniques de tressage, palissage et de courbure des rameaux, on peut aménager n’importe quel espace extérieur. Cela mêle artisanat, art environnemental et jardin durable.

On la retrouve aussi bien dans les écoles, parcs et espaces publics, elle invite à redécouvrir le lien entre nature et créativité, tout en favorisant la biodiversité et la reconnexion avec le vivant. Véritable symbole d’un aménagement paysager écoresponsable.

plessis

La vannerie sauvage

Création nature par nature, un brin de simplicité, simple et durable.

La vannerie sauvage consiste à tresser des végétaux récoltés directement dans la nature. On utilise des matériaux comme la ronce, la clématite, le lierre, le jonc, le noisetier, les écorces de bouleau, de tilleul ou de châtaigner, sans culture ni transformation industrielle. A l’inverse de la vannerie classique qui se fourni en osier cultivé (provenant généralement de ce qu’on appelle des oseraies), la vannerie sauvage s’appuie sur les ressources locales et spontanées c’est-à-dire s’offrant à la cueillette et disposant d’une richesse de forme, de textures et de couleurs. Cette pratique écologique et intuitive valorise l’observation, l’expérimentation et le respect du vivant.

Le vannier cueilleur devient à la fois artisan, naturaliste et promeneur, s’intéressant à la reconnaissance des plantes, la récolte douce (sans les blesser). Cela ouvre la voie à la trouvaille inattendue et l’aptitude à créer avec ce qu’offre la nature. Accessible à tous, elle ne demande que très peu d’outils et invite à ralentir, à fabriquer soi-même et de façon intuitive. Plus qu’un savoir-faire, la vannerie sauvage est une philosophie de vie sobre et autonome, une manière de reconnecter l’humain à la biodiversité et à créer autrement, de façon plus spontanée. Avec ce que la nature nous prête plutôt que ce que l’industrie nous propose.

La vannerie contemporaine

Entre artisanat, design et création artistique

La vannerie contemporaine réinvente l’art du tressage en l’amenant dans l’expression plastique et poétique. Une façon de mêler l’artisanat, le design et l’art contemporain. Une manière de conjuguer les matières (osier, noisetier, métal, textile, plastique recyclé) pour donner naissance à des œuvres singulières, allant du luminaire sculptural à l’installation monumentale.

Loin du simple panier utilitaire, cette vannerie d’art « explose » les formes, les volumes, les lumières et les ombres. Chaque matière devient vecteur d’expression, jouant avec les vides, les pleins et les contrastes. Les artistes vanniers revisitent les techniques du passé pour aborder une expression moderne qui évoque l’écologie, le recyclage, lien à la nature et esthétique durable. On la retrouve dans les galeries, festivals et centre d’art, la vannerie contemporaine est un espace d’expression infinie. Là où la main et la matière dialogue pour créer des objets porteurs de sens, de mouvement et de poésie.

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