La récolte

récolte

Période : entre novembre et mars

La récolte de l’osier se fait en hiver, entre novembre et mars, lorsque les feuilles sont tombées et que la plante est en dormance : la sève est redescendue dans les racines. L’osier est alors coupé à ras du sol, au sécateur (ou avec une machine adaptée à la coupe) et les jeunes pousses récoltées sont appelées brins d’osier.

Même si ces brins sont très souples juste après la coupe, ils ne peuvent pas être utilisés directement en vannerie traditionnelle. Tant qu’ils sont “verts”, ils contiennent encore beaucoup d’eau : en séchant pour la première fois, ils se rétractent et perdent du volume. Les paniers tressés avec de l’osier fraîchement coupé se relâchent, se déforment et laissent apparaître des jeux dans le tressage car les brins rétrécissent à l’intérieur de la structure.

C’est pourquoi on laisse d’abord l’osier sécher entièrement (parfois plusieurs mois), puis on le réhydrate par trempage juste avant l’usage : il a alors déjà “pré-rétréci”, ce qui garantit une forme plus stable et durable du panier.

Le tri

Juste après la coupe

Une fois l’osier récolté, les brins sont regroupés en bottes et par variétés. Ces bottes contiennent des tiges de longueurs et diamètres variables, qu’il faut trier pour permettre un usage adapté en vannerie. Ce tri permet de regrouper les brins en fagotins homogènes (ou bottes), plus pratiques à manipuler par la suite. On élimine les tiges abîmées ou trop frêles.

Un tonneau vide, ou tout autre contenant cylindrique stable, est utilisé. On y place une règle verticale ou une longue latte graduée servant de repère de mesure. On place une botte brute d’osier verticalement dans le tonneau, les brins orientés vers le haut, en veillant à bien aligner leur base contre le fond du contenant. À l’aide de la graduation visible, on extrait les brins de même longueur par tranches successives des plus longs aux plus courts. Par exemple : plus de 180 cm, puis de 160 à 180 cm, ensuite les brins plus courts de 20 cm. En-dessous de 80 cm, on parle de « commerces » pour désigner les brins.

Les brins triés sont ensuite regroupés dans de nouvelles bottes. L’opération est répétée jusqu’à ce que l’ensemble de la botte d’origine soit trié, permettant ainsi de constituer des lots homogènes adaptés aux différents usages de la vannerie.

Les catégories de brins sont les suivantes : 0 à 40 cm, 40 à 60 cm, 60 à 80 cm, 80 à 100 cm, 100 à 120 cm, 120 à 140 cm, 140 à 160 cm, + de 160 cm

le tri

Le séchage

Période : immédiatement après le tri, pendant plusieurs semaines à plusieurs mois

Il est recommandé de faire sécher les bottes d’osier debout, plutôt que couchées, en les attachant et en les laissant verticales dans un espace protégé avec une bonne circulation d’air. Cela permet à l’humidité de s’échapper de manière uniforme, évite que les brins se déforment et limite fortement les risques de moisissures.

Un grenier sec convient très bien si l’air peut circuler (pas de contact direct avec un mur humide, ni de bâche plastique qui étouffe les fagots). Une grange fraîche, mais bien ventilée et réellement sèche, est aussi idéale : ce qui compte surtout, c’est un lieu à peu près à température ambiante, à l’abri de la pluie, du soleil direct et de l’humidité stagnante. Ce type de séchage donne un osier brut qui, une fois bien sec, peut se conserver plusieurs années avant d’être réhydraté pour le tressage.

Le trempage

Le trempage est une étape essentielle dans la préparation de l’osier destiné à la vannerie. Les brins doivent être entièrement immergés afin que l’eau pénètre le bois et lui redonne souplesse et flexibilité.

Pour l’osier brut, le temps de trempage est variable. Il dépend de :

  • La température de l’eau (jusqu’à 15 jours en hiver si la température de l’eau est inférieure à 10° à 5 jours en été si l’eau dépasse les 20°) ;
  • La variété de l’osier ;
  • Et du calibre des brins (plus il sont gros, plus le temps de trempage augmente).

Ainsi, il peut aller de quelques jours à plusieurs semaines. L’idéal est de surveiller la souplesse du brin. Attention, si la durée de trempage est trop importante, les brins vont peler lors travail de l’osier.

À l’inverse, pour l’osier blanc, le trempage est beaucoup plus court, généralement d’une à trois heures selon l’épaisseur des brins. Le bois est plus « réceptif » à l’eau.

Après le trempage, l’osier ne doit pas être utilisé immédiatement. Une phase de repos, appelée ressuage, est indispensable pour obtenir une souplesse homogène. Les bottes sont sorties de l’eau, égouttées, puis conservées à l’abri de l’air dans une bâche, un sac plastique fermé ou sous un linge maintenu humide. Durant cette période, l’humidité se diffuse progressivement de l’extérieur vers le cœur du bois, ce qui évite que l’osier ne soit trop mou en surface et encore sec à l’intérieur. Ce temps de repos améliore nettement la maniabilité des brins et limite les risques de casse au pliage. 

Dans le cas de l’osier brut, le ressuage influence également la teinte finale, en approfondissant et en unifiant la couleur. La durée de conservation de l’osier ressuyé dépend fortement de la température ambiante : en période froide, il peut rester utilisable une dizaine à quinze jours, tandis qu’en été il devra être employé rapidement pour éviter le dessèchement ou le début de la fermentation.

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